Jour 77. Jeudi 1er mai 2025.
Savoir mieux que l’autre ce qu’il vit, au point de le reprendre et de le corriger.
Monopoliser la parole en enchaînant les phrases sans le moindre espace de silence.
Interrompre l’autre au 3ème mot et ne jamais le laisser finir lorsqu’il réussit à prendre la parole.
Comment peut-on passer 4 h dans une communication à sens unique ?
A ce niveau, cela relève de l’art et/ou d’un entraînement forcené. Ou d’un manque terrible ?
Est-ce que le fait de vivre seul crée ce besoin d’expression si pressant qu’il ne tolère pas qu’un autre puisse « prendre » la parole ?
En tout cas, je réalise que la communication est décidément violente dans cette famille qui ne sait pas écouter, donc accueillir l’autre et accepter qu’il puisse occuper une place. Avec ou sans années de thérapie, l’autre reste un problème, même voire surtout lorsqu’il est un proche.
Avec le recul, je comprends pourquoi j’ai fini par ne plus savoir qui j’étais à force de n’être jamais accueillie, ni entendue.