Jour 86. Samedi 10 mai 2025.
J’ai l’immense chance d’habiter dans un endroit merveilleux et de côtoyer des personnes avec lesquelles les échanges sont toujours enrichissants.
Il y a quelques mois, l’une d’entre elles a proposé d’organiser une inauguration particulière : l’inauguration d’un cabinet de poésie générale.
Je ne suis pas spécialement intéressée par la poésie ; d’ailleurs je n’ai retenu aucune de toutes celles que j’ai apprises à l’école. Une fois j’ai été touchée par quelques vers entendus, mais le nom de la poète entendue a aussitôt disparu. Je ne l’ai jamais relue.
Par contre j’adore le détournement de mots, les collisions d’idées, l’heureux inattendu et la fantaisie. Alors j’ai instantanément adoré : je devais absolument assister à cette inauguration.
Aujourd’hui j’ai donc jubilé en écoutant un discours si juste de Ionesco (reproduit ici) sur la nécessité de faire des choses inutiles, comme imaginer, rêver.
J’ai adoré découvrir des mots inconnus et ressentir comme un poème peut gagner en poésie avec quelques mots changés. Le son autant que le sens peut nous toucher.
Et j’ai reçu ma première ordonnance poétique. Elle m’a instantanément parlé. Le hasard fait bien les choses.
J’y ai aussi appris des nouvelles qui m’ont attristée… et permis de ressentir à quel point la connexion va au-delà des mots et peut porter la vie malgré les valeurs biologiques mesurées.
Nous sommes plus que notre biochimie, nous vivons plus que ce que nous pouvons observer et mesurer. L’inutile et l’invisible nourrissent nos besoins essentiels à défaut de nos besoins physiologiques.
La technologie de pointe ne peut rien pour ces besoins humains.
Mais la poésie, si.
1 réflexion au sujet de « « La poésie est un métier de pointe » René Char »
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