Jour 104. Mercredi 28 mai 2025.
Aujourd’hui est placé sous le signe de l’éparpillement.
Je me sens telle la fleur de pissenlit par jour de grand vent. Une idée, un mot, un message suffisent à m’envoler dans des « ailleurs » ou « plus tard », des « un jour peut-être » ou des « et si ? ».
Je suis en télétravail et j’ai une mission à terminer avant la fin de la journée : mon cadre est posé.
Mais il me faut fournir des efforts incessants pour m’y ramener, encore et encore. Les acouphènes en fond sonore, l’odeur du bouquet reçu pour la fête des mères en fond olfactif.
Je sens bien la division intérieure entre la part de moi qui doit travailler, celle qui veut avancer sur le « projet », une autre qui rêve de pouvoir faire le vide dans ma tête et la dernière – enfin j’espère – qui se projette déjà dans les préparatifs du départ prévu demain.
Mes petites voix s’en mêlent et s’emmêlent, avec une prédominance de « il faut / tu dois » (aka Jiminy) et « j’ai pas envie, si on allait jouer plutôt ? » (ma petite Isabelle).
Mon corps, pendant ce temps-là, m’envoie des signaux m’invitant à faire une mi-temps : fatigue, douleurs dans le milieu du dos, raideurs dans l’épaule.
Évidemment, ma productivité a connu des jours meilleurs.
Je réussis malgré tout à terminer ma mission dans les temps, libérant une part de moi pour pouvoir m’occuper des autres.
Je commence par une pause pendant laquelle je m’endors avant de décider que je ferai le vide pendant 4 jours à partir de demain. Il ne me reste plus que les préparatifs pour demain.
Je n’ai aucun élan pour prendre la voiture et faire les courses envisagées au départ.
Je voulais acheter trois cadeaux, de quoi en emballer deux autres, quelques provisions pour le début de semaine et faire le plein de carburant.
Mon corps et ma tête s’allient : je ferai le plein demain sur la route, et j’inspecte mes placards pour trouver de quoi offrir et emballer mes cadeaux.
Finalement, cette démarche de réutilisation me plait et est plus alignée avec mes valeurs de sobriété. Elle me permet de retomber sur une pépite que j’avais un peu oubliée qui fera son effet.
Je vais administrer à mon grand-père, le carnet d’ordonnances du cabinet de poésie générale.
Le carnet va me manquer, mais je pense pouvoir le racheter. Et je suis sûre que ces traitements-là seront sans effets indésirables !
Finalement, la flemme c’est bon pour l’environnement et pour le moral !